
Plante libérée : réglementation des plantes médicinales en France
Dans mes articles ou mes vidéos, je vous parle souvent de plantes libérées. Mais que signifie exactement ce terme ? Pour comprendre, il faut revenir au cadre légal qui encadre les plantes médicinales en France.
🌱 Les plantes médicinales et la pharmacopée
En France, les plantes médicinales sont réservées à la pharmacopée, c’est‑à‑dire aux pharmaciens. Elles sont classées dans deux listes officielles :
✔ La liste B
Elle regroupe 143 plantes considérées comme potentiellement toxiques. Pour ces plantes, le risque est jugé supérieur au bénéfice attendu. Elles sont strictement réservées aux pharmaciens.
✔ La liste A
Elle contient 442 plantes médicinales. Parmi elles, 148 sont dites “libérées”, ce qui signifie qu’elles peuvent être vendues par des non‑pharmaciens… mais avec des conditions très précises.
Pour chaque plante libérée, la réglementation indique :
- quelle partie peut être vendue (feuille, fleur, racine…) ;
- sous quelle forme (plante brute, poudre…).
Par exemple : je peux utiliser la feuille, mais pas forcément la racine.
🌼 Et les compléments alimentaires ?
Il existe une autre liste : celle des plantes autorisées en compléments alimentaires. Certaines plantes ne peuvent pas être vendues en vrac, mais deviennent autorisées si elles sont transformées.
Exemple : 👉 je n’ai pas le droit de vendre des feuilles de plantain telles quelles, 👉 mais je peux les utiliser en poudre dans une gélule, à condition de faire une déclaration à la DGCCRF.
C’est pour cela qu’il faut être vigilant lorsque vous achetez des compléments alimentaires sur Internet : la vente n’est pas toujours encadrée, et certains produits contiennent des plantes non libérées ou non déclarées.
🌿 Pourquoi cette réglementation ?
Elle vise à protéger le public, mais elle limite aussi le travail des professionnels des plantes. Les “herboristes” actuels — ou plutôt herbalistes, paysans‑herboristes, conseillers en santé par les plantes — militent pour élargir la liste des plantes libérées et redonner un cadre légal au métier.
Le terme herboriste n’existe plus officiellement depuis 1941, ce qui explique l’usage de ces nouvelles appellations.